Un 8 décembre pas comme les autres

Hier était le dernier jour de la semaine de célébration de la Purisima, la Inmaculada Maria, en l´honneur de sa conception car Marie serait préservée du péché originel depuis sa conception dans le ventre de sa mère Sainte Anne. Dieu est un magicien. Résultat,  nous n´avions pas école. Nous en avons donc profité pour faire une vente de biscuits allemands et de crepes devant la maison. Je dois dire avec une certaine fierté que l´idée était mienne. Mon intention était de rencontrer nos voisins à qui nous n´avons jamais parlé, de faire découvrir les patisseries de chez nous, de passer un peu de temps dans notre rue et en dernier lieu de remettre la cagnotte a la Esperanza. Les filles de la maison ce sont preté au jeu, pendant que les garcons décuvaient de la veille.

Un 8 décembre pas comme les autres dans Granada   dans Granada  

Ce fut très sympatique et amusant. Nous avons en effet rapidement fait connaissance avec nos voisins. La dame de la pulperia est venue nous acheter des crepes qu´elle a trouvé très bonnes et m´a dailleurs appris qu´il existait l´équivalent au Nicaragua, sous le nom de « Manuelas », à la différence près qu´ils les bourrent de fromage et de sucre. Le voisin qui crie fort et qui nous réveille a 5h du matin est également venue en acheter, et en racheter. Sa voix est encore plus impressionante à 3 m de distance, mais il est finalement sympatique. Promi, je ne le traiterai plus de monstre. Les garcons ce sont finalement également pris au jeu puisque César a fait des limonades (fresco) et Iren des smoothies qu´ils vendaient dans des poches plastiques que la voisine nous avait refilé. Nous avons donc passé l´après-midi dans la rue a regarder passer les gens et tenté de faire de la pub à la nicaraguayenne by la Esperanza: « Galletas alemanas! Crepes de Francia! Manuelas! Fre´co! Para una organisacion! Por un futuro mejor! » Jenny et Iren sont meme montés dans un bus pour jouer les vendeurs ambulants, sans grands succes. Au final nous avons récolté 460 cordobas, soit 15 euros, une broutille… Mais c´était drole. La prochaine fois nous rajouterons la coiffure par Maren et les tatouages au henné. On va faire un carton.

    

Le soir, César et moi sommes allés faire les curieux du coté de la célébration de la vierge. Depuis la veille, nous avons l´impression que Marie est une star, un joueur de baseball ou bien roi d´Espagne. L´animateur ne cessait de solliciter la foule en répétant « Quien causa tanta alegria? » et le public répondait « la concepcion de Maria! », « Deme una M!  M!   Deme una A!  A!   Deme una R!  R!  Deme una I!  I!    Deme una A!   A! », ou « Que viva Maria! Que viva! », et encore « Quien nos anima tanto? Es el Espiritu Santo! ». Enfin, ce fut tres instructif pour moi de voir la dévotion des nicaraguayens pour Maria et leur facon de la célébrer. Chaque jour, l´icone de Marie, la Conchita,  défilait dans une rue différente, pour terminer au Parque Central, et ce pendant 7 jours. Hier soir était donc le dernier. La procession terminait par la montée de la vierge dans la cathédrale ou la montée de la verge comme dirait César, dont l´espagnol est parfois approximatif… Nous nous sommes rendus avec Donald et Bosco, deux ayudantes au lieu de rassemblement, et début de la procession. Des fleurs en plastique étaient suspendues au dessus de nos tetes, des images de la vierge en carton sur les trotoirs, beaucoup de monde. Les vendeurs de raspados (imitation de sorbet cad glace et sirop bien chimique), taritas (chips) de platanos, oranges, quesillos (tortilla remplie de fromage et oignons) étaient postés dans tous les coins. J´ai dailleurs essayé de manger une orange à la nicaraguayenne, sans grand succès. Manger une orange à la nicaraguayenne signifie acheter l´orange que la vendeuse a préalablement pelé en laissant la peau blanche puis  scalpée avec son couteau. Il faut ensuite enlever le chapeau et aspirer le jus de l´orange. Donald faisait ca tres bien, de mon coté ca a été un carnage. Bref, revenons à Marie. Un curé a chanté un genre de chanson chorégraphiée très entrainante. Il nous faisait lever les bras, les pieds, faire demi tour, se baisser…rien à voir avec le sérieux de l´Eglise Catholique chez nous.

Voila donc pour la partie culture nicaraguayenne. J´ai juste oublié de préciser que tous les matins pendant une semaine une voiture publicitaire passait dans notre rue à 5h du matin le son a tope pour annoncer la messe de 6h. Merci Marie…

 

Passons maintenant a la 3eme partie de la journée, un peu moins réjouissante. Alors que j´étais en train de dire aurevoir à Léo qui rentre en France, devant la Casa Libertad, un garcon qui passait en vélo, s´est arreté a notre niveau. Il nous a dit qu´il était éboueur et ramassait les poubelles de la maison. Je pensais qu´il venait demander aux habitants de la maison de ne pas sortir les poubelles trop tot pour ne plus que les chiens les dépècent. Mais non. Il nous a raconté que son bébé était en train de convulser à l´hopital et qu´il fallait qu´il lui achéte un médicament qui coutait 183 cordobas. Il avait l´air tres angoissé, nous lui avons chacune donnait qqchose. Puis, il nous demandait s´il pouvait nous emprunter plus d´argent en échange de quoi il nous laissait sa bicyclette comme garantie. Il était  chamboulé. Comme je lui avait dit que je n´avais plus d´argent sur moi, je suis allé chercher 20 dollars  que j´avais chez moi (je vois deja vos tetes…) et j´ai gardé son vélo. J´ai commencé a avoir qqs doutes quand il me disait qu il aurait besoin de son vélo pour aller a l hopital, je lui ai dit qu avec 20 dollars il pouvait largement se payer un taxi. Il est parti. Au pire des cas  s´il ne revient pas j´ai gagné un vélo volé. Mais il est revenu… 1h plus tard, j´étais en train de dormir. J´ai eu bien peur, n´ai pas voulu ouvrir, mais Iren a ouvert. Il me dit « Mon bébé a eu un infarctus ».  Je pensais donc qu il était mort, mais non, il fallait le transférer a l ´hopital de Managua. Il venait donc demander plus d´argent pour payer l´oxygene et le transport. La c´était trop , apres discussion nous lui avons demandé de partir et je lui ai rendu son vélo pour ne pas qu´il reste ou qu´il revienne, quitte a perdre 20 dollars. Autant dire que j´ai eu un peu de mal a dormir apres ca.

Le lendemain, je pars a l´école, me rend compte que mon vélo est crevé. Je prend ca pour un signe du destin qui me dit d´aller plutot a la répétition pour le spectacle de danse folklorique. Sur le retour je m´arrete discuter avec Fran et Oscar, deux artesanos qui sont la de bien bonne heure aujourd´hui car besoin de vendre. Je leur raconte mon aventure et ils me disent qu´ils connaissent ce gars, qu´il vend un peu de tout, drogue et compagnie, que ce n´est pas la 1ere fois qu´il fait le coup, que si je lui avait donné plus d´argent il serait revenu le lendemain en disant que son bébé était mort et qu´il fallait payer l´enterrement, que je pouvais dire aurevoir a mes 20 dollars et que j´aurais bien mieux fait de leur acheter un bracelet pour ce prix la (ce que j´ai fait mais ca n´a rien a voir).

Enfin bref, tout ca pour dire que le mensonge n´a pas de limite et que la naiveté non plus.  J´ai bien retenu la lecon (une de plus), que cela serve à d´autres.

 


2 commentaires

  1. Kira dit :

    Tu ne peux pas t’en vouloir de tenter d’aider. Ce n’est que de l’argent, au final, il faut avoir pitié pour lui, d’en être réduit à arnaquer les gens!
    Sinon, les biscuits étaient bons?

  2. drosofille dit :

    Les biscuits allemands étaient extras! et les crepes ont aussi été appréciées. UNe réussite a part el peu d argent récolté…

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