Rio San Juan

Apres 3 semaines a Granada, et une certaine overdose des Caipirinha au Centralito, de la calle la Calzado  et de tant de monde, je vais prendre un bol d´air dans la partie la plus au Sud du Nicaragua: le Rio San Juan qui fait frontière avec le Costa Rica ( d´ou qqs conflits actuels et ancestraux comme vous le verrez plus tard).

Rio San Juan dans Ballades en Nicaragua rio_san_juan_mapa

C´est donc a 5h du matin que Berta, Jenny, Sonja et moi partons en théorie de la casa el Martirio pour prendre un autobus direction Managua. Je dis bien en théorie car a 5h30, j´appelle Berta  qui n´est toujours pas au rdv et qui ne s´est en fait pas réveillée. Pas trop grave, nous partons a 6h15. A  Managua nous changeons de station de bus et réservons un bus pour San Carlos a 150 cordobas  qui nous fait contourner par la droite le lac Cocibolca ( lac du Nicaragua). Il ne part qu ´a 9h15, le temps pour nous de manger une tortilla et poulet,  des fruits frais  ou un café. Puis nous prenons le bus qui arrive a San Carlos a 15h30, soit une bonne journée de trajet ( et de sieste). Dans le bus je rencontre également une grand-mère et sa petite fille qui reviennent de Managua ou elles rendaient visite a la maman de la petite. Elles sont trop chous, j´ai envie de leur demander si je peux vivre chez elle et apprendre a faire des tortillas.

Nous arrivons a San Carlos, un petit village qui semble s´etre enrichi ces dernières années, profitant du tourisme qu´engendre le Rio San Juan. Village tres sympatique avec un parc très coloré et une belle vue sur le lac. Nous réservons le bateau du lendemain qui nous emmenera a Castillo pour 74 cordobas a 8h et 3h de trajet (il est aussi possible de prendre un « express » de 2h, à 6h30 du matin pour 120 cordobas et 2h de trajet). Nous nous couchons a 21h a l´hotel Pena pour 3 $. Les 2 dames qui nous ont recu de facon tres sympatique ont tres vite changé de couleur quand je leur ai demandé tres gentiment de changer les draps parce qu´il y avait des crottes de souris dessus. La dame n´a pas apprécié que je l´accuse d´avoir des souris. Je n´ai plus revu son sourire apres ca.  Et nous avons tres mal dormi, entre musique et pétards. Par contre nous avons tres bien déjeuné dans un comedor. Petit déjeuner nica: gallo pinto (riz + haricots rouges), oeufs brouillés, pain, fromage salé , café, il ne manquait que les bananes cuites.

 dans Ballades en Nicaragua    

Puis nous prenons la « lancha » et découvrons le fleuve San Juan. L´eau est verte et opaque mais le paysage est beau. Il y a beaucoup de hérons. Nous passons encore une bonne partie du trajet a dormir. Mon voisin éponge l´eau qui a trempé mon sac mais je n en profite pas pour faire connaissance (« vilaine! »).

Puis nous arrivons a Castillo ou une jeune fille de l´office de tourisme nous acoste pour nous proposer des visites guidées. L´office est en travaux mais nous pouvons la trouver chez elle ou dans la rue apres réflexion. Nous nous rendons au premier hotel a coté de l´embarcadère, pour 90 cordobas la nuit, l´Hotel Aurora, qui a une magnifique vue sur le fleuve et un balcon pour pouvoir la contempler. L´hotel est tenu par un monsieur de plus de 70 ans et sa fille d´une vingtaine d´année. La jeune fille de l´office du tourisme, Mildred nous apprendra plus tard qu´il a eu un bon paquet de femme dan sa vie et qu´il est maintenant célibataire, mais amoureux d´une jeune fille de 25 an qui vit dans un village et qui selon Meldre n´est pas amoureuse mais vient le voir de temps en temps pour « l´aide » qu´il lui apporte. Voila, c´était la minute potin. Apres s´etre installées, nous nous promenons un peu dans Castillo qui est décidément un village bien agréable, je dirais meme plus « quartier » que « village ».  Nous croisons Mildred et en profitons pour lui dire que nous irons visiter la réserve Indio Maiz le lendemain matin avec son guide. Nous nous installons un peu avec elle. Elle est locace et nous raconte un peu sa vie. Elle a 31 ans, 2 enfants de 6 et 11 ans. Elle travaille la semaine pour l´office de tourisme et prend le bateau les samedi et dimanche matin pour se rendre a l´université d´anglais de je ne sais plus quel village. Elle est très enthousiasmée par ses études et nous explique son point de vue sur le fait qu´une femme n´est pas seulement faite pour s´occuper de son mari et ses enfants mais doit vivre aussi pour elle-meme, etre capable de gagner son argent et ne pas etre tributaire d´un mari qui sort au bar le samedi soir et décide de l´argent qu´il laisse a sa femme. En somme, un discours d´une femme de pays développé, a la différence près que ce n´est pas l´éducation qu´elle a recu, sinon une lecon qu´elle s´est donnée a elle-meme. Elle nous explique alors qu´elle a toujours voulu étudier mais que sa mère n´avait pas les moyens de l´envoyer étudier a San Carlos qui était la seule université a l´époque. Son beau-père ne l´a jamais considéré comme sa fille, alors dès qu´elle a pu, elle est parti avec son copain de l´époque et a 20 ans, elle accouchait de son premier bébé. Jusqu´a ce qu´il s´en aille et qu´une autre université soit crée dans le village dont je ne me souviens pas le nom. Elle précise qu´elle est tres heureuse de vivre comme elle vit. Un échange très instructif pour nous.

Nous reprenons la ballade qui n´avait pas duré bien longtemps. Sur les perrons sèchent des graines de cacao. Je m´étonne de voir des bouts de tissus rassemblés sur le sol, Berta m´explique que ce sont des paillassons. Mmm, ingénieux.

     

Puis, nous croisons une dame qui mélange une pate marron dans un chaudron. Berta s´intéresse et lui demande qu´est ce que c´est. La dame prononce un mot incompréhensible, on lui demande alors d´expliquer… autre mot incompréhensible. Berta lui demande alors si c´est du caramel. La dame répond que non, sans plus d´explication.  »Ok, muchas gracias ». C´est vraiment énervant. Comme dirait Berta « Les hommes sont lourds et les femmes antipathiques ». Ilf aut leur tirer les vers du nez pour savoir le moindre prix, la moindre information basique. Hier soir par exemple je voulais en savoir un peu plus sur le vin national, a partir de quel fruit il était fait (puisqu´apparemment ce n´est pas a base de raisin). Le serveur me dit qu´il ne sait pas. Je lui demande alors de me montrer une bouteille. Il souffle et me montre une bouteille du Chilie…  De toute évidence ici le client n´est pas roi!!! Bref, revenons a Castillo. Nous allons ensuite manger peu cher (60 cordobas) dans un comedor charmant, et nous rendons au chateau ( ce n´est pas pour rien que le village s´appelle « Castillo »). En plus du chateau, le musée nous  montre divers objets utilisés a l´époque précolombienne (avant Christophe colomb), comme le « metate » qui servait a écraser les aliments ou bien de siège pour les personnages illustres:

costaricanmetate

Une autre partie du musée explique l´utilité du chateau, construit en 1675,  qui était de protéger le Nicaragua des attaques de pirates. L´occasion d´apprendre qu´il y a différents types de pirates: les corsaires, les flibustiers, et les boucaniers. Le corsaire par exemple est mandaté par le roi et autorisé à pirater les bateaux de pays étrangers. En l´occurence différents corsaires d´Angleterre ont attaqué  et pillé Castillo. La 2ème partie du musée raconte qu´a la fin du 19ème siècle, le chemin originellement prévu pour rejoindre la mer des Caraibes et la cote pacifique par bateau n´était pas le canal de Panama mais le Rio San Juan. Des lignes téléphoniques avaient été installées et une voie de chemin de fer avait été construite le long du Rio San Juan ( qui a été désinstallé depuis pour récupérer le fer) en prévision de l´activité qui allait s´ensuivre. Les américains comptaient ainsi faire transiter les marchandises de San Fransisco a New-York. Mais il s´est avéré que malgrè le coup plus économique de ce canal, les américains ont abandonné le chantier du Nicaragua pour prendre le relai des francais qui avaient échoué dans leur tentative de construction du canal de Panama (notamment Gustave Eiffel, mais je ne m´étendrai pas la-dessus).

Apres la visite du musée, nous montons au sommet du chateau d´ou la vue est MA-GNI-FI-QUE.

Puis retour a l´hotel pour profiter de la douche car a Castillo, l´eau coule de 5 a 7h du matin et de 16h a 18h le soir, le reste du temps c´est douche a la bassine (comme a San Carlos). Apres la douche nous allons manger chez « Vanessa » et nous confrontons encore a la « sympathie » des  serveurs nicaraguayens. Je vous épargne nos échanges.

Le lendemain, ptit dej de chez Vanessa sur le balcon de l´hotel et rdv a 6h40 sur le quai avec un petit passage a la pulperia pour aller louer une paire de botte, ou le petit Jackson, environ 1 an se charge de ranger nos chaussures. Puis nous voila parties, en barque en compagnie de 2 suisses allemands, et 3 allemands (sans compter nos 2 allemandes) en direction de la réserve Indio Mais (cf carte du haut). Le guide commence par nous dire  que le fleuve aurait changé de sens a la suite d´un tremblement de terre, ce qui voudrait dire que l´eau n´irait pas du lac  jusqu´a la mer mais de la mer vers le lac. Je commence a douter du guide… Durant le trajet, nous pouvons observer les travaux de la future route « tica » (du Costa Rica) qui longe le fleuve. La route se construit a seulement quelques metres du bord du fleuve et des conséquences sur l´écosysteme sont a craindre du coté nicaraguayen.

Apres 1h de bateau et  un passage par la « caserne militaire » pour s´inscrire sur la liste des visiteurs de la réserve, ou nous faisons la connaissance de Valeria, une charmante singe araignée qui se prend d´affection pour Berta, nous arrivons au point de départ de la ballade. J´oublie de préciser que le guide  a profité de notre halte a la caserne pour nous montrer una « ranita verde », une minuscule grenouille verte donc le venin était utilisé pour empoisonner les sarbacanes. Il se lave bien les mains dans le fleuve apres l´avoir touchée…

       

Puis la ballade commence enfin. Le guide nous explique notamment pourquoi les troncs des arbres son extremements larges: car le sol n´étant pas tres nutritif en profondeur, les arbres vont chercher leur ressources nécessaires plus loin en surface. Un meme type d´arbre peut avoir des troncs différents selon la qualité de son sol. Nous retrouvons également les bromélias (photo 2), qui puisent leurs nutriments  sur les branches des arbres, mais ne sont en aucun cas des parasites. Nous croisons également des arbres pouvant atteindre 60 m de hauteur, des plantes mortelles mais qui ne paient pas de mine, beaucoup de plantes médicinales. Certaines sont anesthésiantes, d´autres permettent a la personne qui vient de se faire piquer par un moustique porteur du paludisme ou mordre par un serpent, de vomir le venin. Et je passe les fourmis « géantes » (2-3cm) dont la morsure est plus douloureuse qu´une morsure de serpent. Nous croisons également de plus petites fourmis dites « fourmis champignonnistes » (photo 3) qui trimballent sur leur dos des morceux de feuilles, pour les ramener dans leur fourmillère . Le support végétal récolé servira alors de support au champignon dont elles se nourissent.

 

 

Et comme souvent dans ce pays les noms donnés aux graines, animaux, végétation, sont très évocateurs. Comme par exemple, le peigne de singe (photo 1), les lèvres de femmes, aussi appelés « lèvres de clown » ou « lèvres de prostituée » (photo manquante), très flatteur… J´ai batisé la 3ème « dessous de bras »…

                                               

Sur les photos suivantes la liane « escalier de singe », un joli papillon transparent, et la « ranita roja », la copine de la ranita verde qui est elle aussi venimeuse.

   

Ainsi que « la plante qui marche » qui peut se déplacer chaque année de 2cm. Mais comment fait-elle me direz-vous? Elle laisse pourrir certaines racines et en reforme d´autres allant dans la direction choisie, vers une zone plus ensolleillée par exemple. La 2ème photo montre les traces laissées par un « oso hormiguero » (ours fourmillier) dans une termitière. Et la 3ème une pante qui n´en a pas l´air mais qui peut vous tuer instantanément si vous la mangez.

     

Autres photos en supplément:

                  

 

Retour a Castillo a 13h30. Juste le temps de passer prendre nos affaires a l´hotel et de commander des tacos, avant de se rendre a l´embarcadère a 14h pour revenir a San Carlos. Et encore 3h de bateau!

A San Carlos, le soir, c´est la fete du taureau de feu, comme en Espagne, en plus barbare. Des jeunes brandissant un masque de taureau enflammé (autrement dit, 4 bout de bois a peine accrochés) courrent apres les enfants pour le leur balancer sur la tete, avant de prendre un 2eme taureau de feu.Il semblerait qu´il y ait une fete de village, qui me fait beaucoup penser aux féte d´Osse en Aspe, la piste de danse moins vide… La fete de village est en fait un mariage, mais apparemment, personne ne sait ou sont passés les mariés…

Le lendemain, départ a 8h pour arriver a Granada a 18h15. Je ne compte pas les heures passées dans le bus et le bateau.

 


Un commentaire

  1. Kira dit :

    Ca a l’air genial tout ca! La ballade dans la foret, ca fait envie, avec toutes ces plantes et ces animaux! Profite ma cousinette! Bises

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