Cote caraïbe, Part II: La Laguna de Perlas

Je vais maintenant tenter, 2 mois plus tard de raconter cette 2ème partie de voyage (j’ai pris des notes ne vous en faites pas).

 

Jour 6: La Laguna de Perlas

Nous sommes pour l’instant toujours sur Big Corn Island, et prenons le bateau de retour à Blufields à 9h du matin.  Le bateau est bondé, mais le retour est moins chaotique que l’aller. A Blufields, je reprend mon « guia Berta » (feuille de format A4 contenant les instructions de ma copine espagnole, je le rappelle), qui nous dit ; « En Blufields, no te puedo contar mucho porque estuvimos solo una mañana. Pero una cosa interesante es que al lado del mercado, en la puerta que va al muelle, a la izquierda hay un especie de comedor, entras y se ve a las mujeres haciendo tortillas…y al fondo venden comida y hay una mesa larga donde se esta muy a gusto tomando un café y charlando con la gente, todo lo que querais saber os lo diran alli ». Pour résumer, il y a un comedor ou on peut voir les femmes faire les tortillas (galettes de maïs), on peut y manger, prendre un café et demander des informations aux gens.

Les informations précieuses de Berta nous permettent de trouver ce comedor. La première impression est assez glauque puisqu’il fait très sombre, et que les murs sont gris. Puis une fois habitués, on se rend compte de la gentillesse des femmes faisant à manger: poissons, crevettes en sauce,soupes, que des plats appétissants. Et un peu plus loin, on peut en effet voir les femmes faire les tortillas. Mais pour ce qui est des informations sur « comment se rendre sur l’île indigène de Rama Key? », que neni! A part « Il faut louer un bateau privé ». J’abandonne donc l’idée qui nous couterait surement très cher.

Il est presque 16h, nous avons juste le temps d’acheter le déjeuner à emporter pour manger dans la barque (à l’arrêt, on n’est pas fou). Nous mangeons donc dans le bateau, une musique country dans les oreilles.

Arrivés à la Laguna de Perlas (la laguna est le lac mais également le village dans lequel nous débarquons), je lis mon guia Berta qui nous conseille le « green Lodge » ou l’hotel d’Irene, ou Ingrid. Le premier est plein, le 2ème ne semble pas satisfaire tout le monde. Nous nous installons finalement à l’hôtel Estrella qui ne nous propose que des chambres de 1 ou 2 personnes (elle a l’air de dire que plus de monde dans une chambre, c’est malsain…).

Pour manger le soir, le guia Berta est toujours utile: « No dejeis de ir al Queen Lobster, una cabaña de madera, restaurante, en la calle principal, pasado el puerto todo recto, casi al final del pueblo (que es muy pequeño), Pedro, un chico de Madrid os atendera y con el podeis hablar de excursiones a caballo, rutas por la selva, alquiler de bicis, rutas a los cayos perla y a corn island, pescar con la gente de alli, un chico que entiende de todo! »

Nous mangeons donc au Queen Lobster, un endroit charmant avec un ponton pour admirer la lune et la lagune. La soupe de fruits de mer et les crevettes au coco sont excellents. J’en rêverais presque la nuit.  Pedro nous parle des attractions du coin: un groupement d’iles paradisiaques, mais des îles minuscules appelées « cayos perla » auxquelles ont accède en louant un bateau privé, ou en excursions avec lui pour y passer la nuit et y faire un barbecue. L’excursion côute 70 $ . Boh! Ca ne doit pas être bien plus beau que les Iles de Maïs (Corn Islands pour les non anglophones).

 

Jour 7: Awas

Ce matin on se lève tranquillement…à 7 h du mat avec les bruits des enfants qui jouent, des oiseaux, de la musique et de la pluie. On met du temps à sortir de l’hôtel. Il pleut beaucoup et Nabila doit (encore) aller sur internet.

Lorsque la pluie se calme, Diana, Hanna, Miguel et moi rejoignons Awas à pieds (Nabila étant toujours sur internet), un petit village de  misquitos. Sur le chemin un gars en dreadlocks veut nous guider. Le doute subsiste jusqu’à ce qu’il nous laisse: « veut-il de l’argent ou sont-ils vraiment désintéressés de ce côté du Nicaragua? ».

Sur le chemin, le paysage est un paysage de plaines, nous croisons des femmes lavant le linge le corps dans l’eau jusqu’aux anches, des enfants qui nous demandent de les prendre en photos.

Cote caraïbe, Part II: La Laguna de Perlas dans Ballades en Nicaragua  dans Ballades en Nicaragua

Le guia Berta disait au sujet de Awas: « Nosotras, de la laguna, fuimos hasta Awas, tardareis media horita andando por un camino muy chulo. En Awas, nada mas entrar conocimos a Orlando, el señor que atiende a los turistas! paseamos por el pueblo, jugamos con los niños en la playa y nos hichieron la comida con salsa de coco. Podeis preguntarle a Orlando para ir a pescar, a dar una vuelta con la barca, a la selva, el tambien os informara. »

En effet, au bout d’un trajet de 30 minutes nous arrivons à Awas, en ayant  rencontré au passage le fils de ce Orlando qui nous amène chez lui. Là, sa mère nous propose chaises, noix de coco bien fraiches. Après avoir bu l’eau de coco, nous essayons même de les couper au machete, mais le fils nous vient vite en aide. Seul Miguel s’en sort bien.

Très rapidement, la maman nous propose de nous faire à manger de la cuisine au coco, mais nous déclinons, notre repas à base de pain au coco et tomate nous attend dans le sac. Elle nous montre aussi des bijoux faits maison. Ils sont très gentils, mais je sens leur approche un peu trop marchande, ça me dérange. Orlando n’est pas là. C’est avec le fils que nous allons faire une ballade dans la savane. Je me ranime quand il nous dit que nous verrons peut-être des crocodiles. En fait il s’agit surtout d’une ballade dans la boue. Nous ne sommes pas vraiment équipés pour, mais suivons sont exemple, lui marche pieds nus dans la boue, c’est finalement plus confortable. L’étendue est vaste et plane. De ci de là il y a des étangs ou nous pistons les crocodiles qui ne pointent pas le bout de leur nez.  C’est un peu dur de communiquer avec le fils. Il est jeune et timide, et ne répond à nos questions que par « oui ». Je crois qu’il ne nous comprend pas très bien. Leur langue naturelle est l’anglais créole. Ils apprennent l’espagnol très jeune à l’école, et le parlent très bien mais notre accent est peut-être dur à comprendre.

       

Nous sommes bien contents de rentrer au village. Nous payons le fils pour la ballade (un peu à reculons pour ma part, je trouve le prix un peu cher pour 30 minutes de ballade dans la boue).

Nous traînons un peu plus dans le village, qui est assez vide. Pas d’enfants avec lesquels jouer sur la plage comme Léo et Berta. Des hommes font fondre des boules de plomb pour en faire des ustensiles à canne à pêche. Awas, comme tous les villages de la laguna, est un village de pêcheurs.

                         

Nous rentrons.A l’hôtel, nous rencontrons une française.  Une autre Elodie.

Le soir nous allons remanger au Queen Lobster.  Sur le chemin, nous entrons dans une petite cabane conseillée par Berta: « En la calle principal, hay una tienda muy pequeña en una casa de madera de colores, os atendera una señora negra y gorda con un pañuelo en la cabeza, muy entrañable, es un sitio genial para desayunar bolleria ». Je reconnais vite cette « femme noire et grosse, avec un foulard sur la tête, qui attire la sympathie ». Elle n’a pas de foulard sur la tête cette fois-ci, mais nous propose un gateau de bananes et raisins secs, cuits au lait de coco, fantastique. Nous essayons de le garder pour le dessert.

Au Queen Lobster, je teste le Ron Dow, spécialité du pays (genre de soupe de poissons). Buenissimo!!!!

Vers 21h, des jeunes pêcheurs débarquent en barque par le ponton. Ils viennent vendre le poisson pêché dans la soirée. Ils le vendent 24 cordobas la livre (presque 1 euro). Ils travaillent 2 fois dans la journée: le matin très tôt durant environ 5h et le soir environ 5h également.

 

Jour 8: Orinoco

Le matin nous déjeunons chez « la mujer negra y gorda con un pañuelo en la cabeza » . Elle nous offre un type de merveille-churros, assez bon. Puis nous allons attendre le bateau pour nous rendre à Orinoco, un village d’une communauté « garifuna » avec 2 amis espagnoles de Pedro. Pedro nous a parlé de Kensy, une femme garifuna, qui tient un hôtel et propose des excurssions dans les communautés environnantes pour les touristes. Ce serait un peu la chef de la tribu car elle a fait beaucoup pour Orinoco. Elle travaille également pour le ministère de la Culture. C’est donc un personnage. Nous attendons le bateau environ 2h. Aucun horaire n’est fixe dans les villages de la laguna. Il vaut mieux prendre son mal en patience. Nous voyons passer des barques ‘faites maison’, avec une voile en bâche plastique.

Le bateau arrive enfin, enfin 2 bateaux. Comme nous avions réservé nous prenons le 2nd et devons payer plus que les autres pour le fait d’avoir réservé. Ici on ne sait jamais si le prix que l’on paye est effectivement le bon ou si on se fait avoir pour être des touristes. Nous râlons un peu pour la forme. Sonja, Hanna et moi sommes assises sur le devant du bateau. Une erreur à ne pas commettre!!!!  Nous avons passé les pires 25 minutes en bateau de notre vie! Le conducteur allait à un train d’enfer, et le bateau sautait, surtout à l’avant bien sûr. Nous sautions avec le bateau en retombant durement sur les fesses. Au début, c’est dur mais drôle, et puis, petit à petit les sourires s’effacent. Le mec en face de nous tenait une centaine d’oeufs dans les bras. Une image assez cocasse. Même les 2 espagnoles qui étaient au fond disent avoir eu « peur pour leur vie ». Je craignais personnellement le déplacement de vertèbres.

Arrivés à Orinoco, nous nous rendons à l’hôtel Garifuna de Kensy. Son mari, un finlandais, nous explique tout sur les différentes communautés du coin, et les excursions à faire. Nous payons un forfait: 70 $/personne pour 2 nuits, 5 repas, un spectacle de danse, et la visite de 2 autres communautés en bateau. Très bon marché pour le paquet.

Une des espagnole veut filmer le spectacle, il faut donc le faire avant la nuit. Cela nous laisse 1h pour nous balader dans Orinoco. Et nous sommes émerveillés par la promenade. L’environnement est très vert, beaucoup d’enfants jouent et rigolent, deux adultes jouent aux dames, les vaches se reposent dans le cimetière. Ils semblent tous vivre ensemble en parfaite harmonie. C’est un petit paradis. Et je commence à regretter de partir voir d’autres communautés et de ne pas rendre le temps d’explorer celle-ci plus amplement.

 

Un monsieur unijambise nous interpelle. Il tombe apparemment immédiatement amoureux de Diana, et nous chante une chanson.

        http://volontariatesperanzagranada.unblog.fr/wp-admin/post.php?post=163&action=edit&message=6

Vient ensuite le moment du spectacle de danse!! Les garifunas viennent à  l’origine d’Afrique. La musique et la danse ont donc clairement une influence africaine. Les musiciens utilisent des jumbe, et les danseurs ont des tenues aux motifs un peu bestiaux. La spécialité est la danse « de punta », petits sauts sur la pointe des pieds.  La musique a ramené les enfants, nous avons vite été rejoints par une foule d’habitants d’Orinoco.

 

Chacun s’est ensuite essayé à une petite danse et/ou cours de jumbe. Puis les musiciens ont continué à jouer pendant 2h, les enfants dansaient. Un petit en couche culotte avait un talent certain!

Le soir après le repas, les musiciens viennent nous chercher pour « aller en boîte ». La boîte est déserte, mais la musique est sympa: genre de RNB des îles, zouk. Bizarrement, eux ne dansent pas en nous collant comme les nicaraguayens de l’Ouest, mais plutôt comme chez nous,  face à face, avec un peu plus d’habileté pour la danse…

Ils nous apprennent qu’ici aussi, les jeunes sont mariés à 17 ans, et ont un bébé à 15, il ya  peut-être une petite erreur dans l’ordre.

En tout cas, dans leur description de la vie à Orinoco, les mots qui reviennent le plus souvent sont « famille », « paix », « tranquilité ». Ils ne comptent pas en partir. Ils étudient notamment la pêche et le métier de garde forestier pour pouvoir continuer à vivre et travailler dans leur village.

Malgré la transmission de leurs traditions et l’intérêt des plus jeunes pour la culture garifuna, ceux-ci ne savent pas couramment parler leur dialecte. Ils ont en priorité appris l’anglais créole et l’espagnol. De leur langue, ils ne connaissent que les rudiments. Comme en France ou en Espagne, les gouvernements ont jadis obligé les populations à parler l’anglais et les familles, pour éviter la discrimination, ont suivi la règle. Maintenant seulement les anciens parlent leur langue garifuna.

La communauté garifuna qui vit à Orinoco y est arrivée en 1912.  Ils fêtent donc cette année leur centenaire. Ils sont maintenant 2000 à Orinoco. D’autres communautés garifunas plus anciennes viennent d’ Honduras, et d’ Afrique pour fêter ce centenaire.

Pour en savoir plus:

http://www.hostalgarifuna.net/

 

Jour 9: La Fe + Pueblo Nuevo.

C’est notre journée d’expédition.Au programme: visite de la communauté misquito de La Fe le matin. Retour pour manger à l’hôtel. Et visite de la communauté métisse de Pueblo Nuevo l’après-midi. Pour rejoindre ces communautés, il nous faut passer beaucoup de temps en bateau.

La journée commence mal, à l’heure du départ (7h30), il pleut des trombes. Nous partons finalement à 9h. Le bateau est lent. La Fe est une grande étendue verte où les maisons sont posées comme sur pilotis. Cette communauté ressemble beaucoup à celle d’Awas. Le village est désert à cause de la pluie, mais nous sommes reçus par un homme âgé très sympatique et accueillant. Il a les yeux d’un bleu perçant, il porte une casquette « police électorale » et est vêtu d’un tee-shirt faisant la promotion du jeu de domino, très réputé sur la laguna. Les villages organisent des tournois de dominos entre communautés. Le vieil homme n’a apparemment pas honte d’arborer l’inscription « Orinoco » sur son tee-shirt, lui qui joue pour La Fe….

Nous parlons un peu avec lui. Les religions sont très mélangées. A la Fe, il y a des pentecôtistes, anglicans, catholiques et adventistes. A Orinoco il y a également des évangélistes. A Granada ce serait plutôt: catholiques, évangélistes et mormons.

Les messes pentecôtistes ont l’air assez animées. Les chansons se font sur un air de guitare électrique. Nous espérons être rentrés à Orinoco pour assister à la messe pentecôtiste à 20h.

Un autre homme nous rejoint avec sa guitare, et ensemble, ils nous offrens un concert de country. Le moment est magique. Le plus âgé, fait la seconde voix, un peu plus grave. Les deux se marient très bien. J’essaie de vous en montrer un extrait:

Zut! Je n’y arrive pas! Bon, voici au moins la photo:

Une chanson mentionne même « Far, far away from the Pearl Lagoon ». Mais une question me taraude: Comment la country est-elle parvenu jusqu’à la laguna de Perlas, sur la côte caraïbe en général. A ma question,le vieux me répond « Et bien, à l’époque des tourne-disque, il y avait des vinyles de country, nous les avons mis sur le tourne-disque. et nous avons aimé. »

Nous marchons un peu dans le village:

    

Le vieil homme nous ramène au bateau en nous remerciant d’être venu, nous demandant de revenir. Il dit à Matti, le mari finlandais de Kensy « S’ils reviennent, tu me les ramène! ». Puis, nous rentrons manger à l’hôtel. Au menu, un Run Dow! Différent de ce que nous avions mangé auparavant: poisson fris, yuca, platanos et  malanga.

L’après-midi, il pleut à nouveau. Nous devons attendre 14h45 avant de partir. Le trajet en bateau est lent et trèèèès long. Mais nous voyons de belles choses: des hérons blancs, des sopilotes (vautours), des « oiseaux de bananes » jaunes, des fruits médicinaux. Lorsqu’il pleut, nous passons une grande bâche sur nos têtes.

Au bout d’environ 2h de bateau, nous arrivons à Pueblo Nuevo, une communauté métisse, c’est-à-dire que les habitants de Pueblo Nuevo sont un mélange de nicaraguayens et d’espagnols. Venus de l’Ouest du Nicaragua, ils se sont installés ici pour vivre ensemble…comme des cow-boys! On débarque dans le Far west: boues, bottes, chevaux, magasin d’équipement pour chevaux, saloon.  Des cavaliers nous doublent au trot sur le trottoir. C’est un autre monde.  Nous avons 15 minutes pour nous promener avant qu’il fasse nuit.

         

Le soleil se couche, nous nous rendons en vitesse au centre de développement agroforestal Wanashang. Ce centre encadre des projets de développement agricole. Ils essaient par exemple de mettre au point un « séchoir » pour faire de la farine à base de bananes ou yuca. Il y a des plantations de cacao, bananes, yuca… Le centre renferme une école  de 150 élèves des différentes communautés. L’école leur paie le logement, la nourriture, et même le transport de leur communauté jusqu’au centre. Ils ont environ 14 ans quand ils y entrent et en ressortent au bout de 3 ans.

Il fait vraiment noir et il nous reste encore 2h de bateau, même plus puisque nous allons très lentement afin de pouvoir repérer les caïmans (petits crocodiles) sur les berges du fleuve. Pour cela, Matti et une des espagnoles pointent leur lampe torche sur les bords du fleuve, à la recherche de 2 yeux brillants. Nous en voyons 2 ou 3 et nous approchons à chaque fois en arrêtant le moteur pour les voir de plus près.

Lassées de surveiller l’eau, Sonja et moi nous mettons à regarder les étoiles. Elle me montre Mars, l’étoile rouge qu’ils nomment ici « étoile du coucher de soleil ». Sûrement pour sa couleur et puis aussi parce qu’elle est située sur la ligne de l’horizon. La lune ici a une forme de hamac, elle est couchée et non debout comme chez nous. Nous voyons passer 2 étoiles filantes. C’est bon signe, peut-être que nous arriverons un jour! Cependant, le trajet est long mais agréable. Tout est paisible, et nous prenons le temps de regarder autour et au-dessus de nous. La nuit ne nous permet pas de voir grand chose, mais nous pouvons écouter les bruits de la nature.

 

Jour 10: retour à la laguna de Perlas + Awas de nouveau

Le lendemain, il est temps de repartir. Nous sommes déjà lundi les cours reprennent aujourd’hui. Nous aurons un peu de retard!

Nous prenons le bateau à 6h et arrivons au village principal de la laguna de Perla pour déjeuner chez la « femme avec un mouchoir sur la tête ».  Qui est fermée mais nous attendons patiemment devant la porte jusqu’à l’ouverture.

   

Auparavant nous sommes passées prendre nos chambres pour la nuit au Green Lodge. Le monsieur d’habitude très sympatique, nous reçoit très froidement, de très mauvaise humeur! Nous nous installons quand même.

Après le ptit dej, certaines, veulent dormir, Mikel a besoin d’internet parce-que son patron en Espagne lui propose une mission qui lui ferait écourter son voyage!!! Pendant ce temps là, Hanna, et moi nous rendons de nouveau à Awas. Cette fois-ci il fait beau, nous allons directement sur la « plage ». Nous n’osons pas trop nous mettre en maillot de bain, puisqu’au Nicaragua les gens se baignent habillés. Mais un groupe de touristes n’hésite pas: bikini, crème solaire et position bronzage. A côté de nous un monsieur vide des poissons, fend du bois et s’occupe de sa vache qui s’est fait planté par un couteau. Un acte gratuit et méchant. Et moi je peux m’occuper à mon activité ornitologique favorite: observer les hérons.

          

Je zappe l’épisode du rasta qui est venu me parler de sa conception de la vie, de Jésus, et bla bla bla.

Le reste de la bande nous rejoint plus tard. Nous savons que pendant notre absence 7 nouveaux volontaires devaient arriver. Nous lançons alors les pronostics: nationalité, sexe, âge, situation familiale. Il s’avère que nous aurons tous faux!

Le soir, c’est lundi, le Queen Lobster est fermé, mais nous allons dans un resto plus typique, grand, vide, avec un écran géant montrant en boucle une interview de Bob Marley.

 

Jour 11: le retour

Il est temps de rentrer. Pour cela, nous prenons un bus à 5h du matin qui doit nous amener à Managua. Mais il nous faut finalement changer en cours de route. Sur 15h de bus, je dois en passer environ 5 debout, sans musique c’est long, mais ça laisse le temps de penser. Sans ces longues heures de réflexion je n’aurai sans doute jamais eu l’idée d’aller vivre mes 2 dernières semaines dans une famille nicaraguayenne… (voir la catégorie « la experiencia nica »).

Nous arrivons le soir à 21h à Granada.  Trop tard pour aller à la réunion. Nous passons par la Calzada avec nos gros sacs et découvrons la table de volontaires au Centralito. Que de nouvelles têtes!

Je suis impatiente de retourner à l’école et surtout curieuse de voir comment sera le travail dans les classes avec le professeur. Si cela me plait, je pense prolonger mon séjour à Granada, sinon il sera temps de partir. En réalité, il sera temps de partir…

 

Récapitulatifs transports:

Départ Arrivée Prix (cordobas) Durée, horaires
Blufields La laguna de Perlas

150

9h, 12h, 16h ts les jours
La Laguna de Perlas Orinoco

100-150

imprécis
Orinoco La Laguna

100-150

imprécis
La Laguna Managua

120

Départ 5h
Managua Granada

20

 


Archive pour 26 avril, 2012

Cote caraïbe, Part II: La Laguna de Perlas

Je vais maintenant tenter, 2 mois plus tard de raconter cette 2ème partie de voyage (j’ai pris des notes ne vous en faites pas).

 

Jour 6: La Laguna de Perlas

Nous sommes pour l’instant toujours sur Big Corn Island, et prenons le bateau de retour à Blufields à 9h du matin.  Le bateau est bondé, mais le retour est moins chaotique que l’aller. A Blufields, je reprend mon « guia Berta » (feuille de format A4 contenant les instructions de ma copine espagnole, je le rappelle), qui nous dit ; « En Blufields, no te puedo contar mucho porque estuvimos solo una mañana. Pero una cosa interesante es que al lado del mercado, en la puerta que va al muelle, a la izquierda hay un especie de comedor, entras y se ve a las mujeres haciendo tortillas…y al fondo venden comida y hay una mesa larga donde se esta muy a gusto tomando un café y charlando con la gente, todo lo que querais saber os lo diran alli ». Pour résumer, il y a un comedor ou on peut voir les femmes faire les tortillas (galettes de maïs), on peut y manger, prendre un café et demander des informations aux gens.

Les informations précieuses de Berta nous permettent de trouver ce comedor. La première impression est assez glauque puisqu’il fait très sombre, et que les murs sont gris. Puis une fois habitués, on se rend compte de la gentillesse des femmes faisant à manger: poissons, crevettes en sauce,soupes, que des plats appétissants. Et un peu plus loin, on peut en effet voir les femmes faire les tortillas. Mais pour ce qui est des informations sur « comment se rendre sur l’île indigène de Rama Key? », que neni! A part « Il faut louer un bateau privé ». J’abandonne donc l’idée qui nous couterait surement très cher.

Il est presque 16h, nous avons juste le temps d’acheter le déjeuner à emporter pour manger dans la barque (à l’arrêt, on n’est pas fou). Nous mangeons donc dans le bateau, une musique country dans les oreilles.

Arrivés à la Laguna de Perlas (la laguna est le lac mais également le village dans lequel nous débarquons), je lis mon guia Berta qui nous conseille le « green Lodge » ou l’hotel d’Irene, ou Ingrid. Le premier est plein, le 2ème ne semble pas satisfaire tout le monde. Nous nous installons finalement à l’hôtel Estrella qui ne nous propose que des chambres de 1 ou 2 personnes (elle a l’air de dire que plus de monde dans une chambre, c’est malsain…).

Pour manger le soir, le guia Berta est toujours utile: « No dejeis de ir al Queen Lobster, una cabaña de madera, restaurante, en la calle principal, pasado el puerto todo recto, casi al final del pueblo (que es muy pequeño), Pedro, un chico de Madrid os atendera y con el podeis hablar de excursiones a caballo, rutas por la selva, alquiler de bicis, rutas a los cayos perla y a corn island, pescar con la gente de alli, un chico que entiende de todo! »

Nous mangeons donc au Queen Lobster, un endroit charmant avec un ponton pour admirer la lune et la lagune. La soupe de fruits de mer et les crevettes au coco sont excellents. J’en rêverais presque la nuit.  Pedro nous parle des attractions du coin: un groupement d’iles paradisiaques, mais des îles minuscules appelées « cayos perla » auxquelles ont accède en louant un bateau privé, ou en excursions avec lui pour y passer la nuit et y faire un barbecue. L’excursion côute 70 $ . Boh! Ca ne doit pas être bien plus beau que les Iles de Maïs (Corn Islands pour les non anglophones).

 

Jour 7: Awas

Ce matin on se lève tranquillement…à 7 h du mat avec les bruits des enfants qui jouent, des oiseaux, de la musique et de la pluie. On met du temps à sortir de l’hôtel. Il pleut beaucoup et Nabila doit (encore) aller sur internet.

Lorsque la pluie se calme, Diana, Hanna, Miguel et moi rejoignons Awas à pieds (Nabila étant toujours sur internet), un petit village de  misquitos. Sur le chemin un gars en dreadlocks veut nous guider. Le doute subsiste jusqu’à ce qu’il nous laisse: « veut-il de l’argent ou sont-ils vraiment désintéressés de ce côté du Nicaragua? ».

Sur le chemin, le paysage est un paysage de plaines, nous croisons des femmes lavant le linge le corps dans l’eau jusqu’aux anches, des enfants qui nous demandent de les prendre en photos.

Cote caraïbe, Part II: La Laguna de Perlas dans Ballades en Nicaragua  dans Ballades en Nicaragua

Le guia Berta disait au sujet de Awas: « Nosotras, de la laguna, fuimos hasta Awas, tardareis media horita andando por un camino muy chulo. En Awas, nada mas entrar conocimos a Orlando, el señor que atiende a los turistas! paseamos por el pueblo, jugamos con los niños en la playa y nos hichieron la comida con salsa de coco. Podeis preguntarle a Orlando para ir a pescar, a dar una vuelta con la barca, a la selva, el tambien os informara. »

En effet, au bout d’un trajet de 30 minutes nous arrivons à Awas, en ayant  rencontré au passage le fils de ce Orlando qui nous amène chez lui. Là, sa mère nous propose chaises, noix de coco bien fraiches. Après avoir bu l’eau de coco, nous essayons même de les couper au machete, mais le fils nous vient vite en aide. Seul Miguel s’en sort bien.

Très rapidement, la maman nous propose de nous faire à manger de la cuisine au coco, mais nous déclinons, notre repas à base de pain au coco et tomate nous attend dans le sac. Elle nous montre aussi des bijoux faits maison. Ils sont très gentils, mais je sens leur approche un peu trop marchande, ça me dérange. Orlando n’est pas là. C’est avec le fils que nous allons faire une ballade dans la savane. Je me ranime quand il nous dit que nous verrons peut-être des crocodiles. En fait il s’agit surtout d’une ballade dans la boue. Nous ne sommes pas vraiment équipés pour, mais suivons sont exemple, lui marche pieds nus dans la boue, c’est finalement plus confortable. L’étendue est vaste et plane. De ci de là il y a des étangs ou nous pistons les crocodiles qui ne pointent pas le bout de leur nez.  C’est un peu dur de communiquer avec le fils. Il est jeune et timide, et ne répond à nos questions que par « oui ». Je crois qu’il ne nous comprend pas très bien. Leur langue naturelle est l’anglais créole. Ils apprennent l’espagnol très jeune à l’école, et le parlent très bien mais notre accent est peut-être dur à comprendre.

       

Nous sommes bien contents de rentrer au village. Nous payons le fils pour la ballade (un peu à reculons pour ma part, je trouve le prix un peu cher pour 30 minutes de ballade dans la boue).

Nous traînons un peu plus dans le village, qui est assez vide. Pas d’enfants avec lesquels jouer sur la plage comme Léo et Berta. Des hommes font fondre des boules de plomb pour en faire des ustensiles à canne à pêche. Awas, comme tous les villages de la laguna, est un village de pêcheurs.

                         

Nous rentrons.A l’hôtel, nous rencontrons une française.  Une autre Elodie.

Le soir nous allons remanger au Queen Lobster.  Sur le chemin, nous entrons dans une petite cabane conseillée par Berta: « En la calle principal, hay una tienda muy pequeña en una casa de madera de colores, os atendera una señora negra y gorda con un pañuelo en la cabeza, muy entrañable, es un sitio genial para desayunar bolleria ». Je reconnais vite cette « femme noire et grosse, avec un foulard sur la tête, qui attire la sympathie ». Elle n’a pas de foulard sur la tête cette fois-ci, mais nous propose un gateau de bananes et raisins secs, cuits au lait de coco, fantastique. Nous essayons de le garder pour le dessert.

Au Queen Lobster, je teste le Ron Dow, spécialité du pays (genre de soupe de poissons). Buenissimo!!!!

Vers 21h, des jeunes pêcheurs débarquent en barque par le ponton. Ils viennent vendre le poisson pêché dans la soirée. Ils le vendent 24 cordobas la livre (presque 1 euro). Ils travaillent 2 fois dans la journée: le matin très tôt durant environ 5h et le soir environ 5h également.

 

Jour 8: Orinoco

Le matin nous déjeunons chez « la mujer negra y gorda con un pañuelo en la cabeza » . Elle nous offre un type de merveille-churros, assez bon. Puis nous allons attendre le bateau pour nous rendre à Orinoco, un village d’une communauté « garifuna » avec 2 amis espagnoles de Pedro. Pedro nous a parlé de Kensy, une femme garifuna, qui tient un hôtel et propose des excurssions dans les communautés environnantes pour les touristes. Ce serait un peu la chef de la tribu car elle a fait beaucoup pour Orinoco. Elle travaille également pour le ministère de la Culture. C’est donc un personnage. Nous attendons le bateau environ 2h. Aucun horaire n’est fixe dans les villages de la laguna. Il vaut mieux prendre son mal en patience. Nous voyons passer des barques ‘faites maison’, avec une voile en bâche plastique.

Le bateau arrive enfin, enfin 2 bateaux. Comme nous avions réservé nous prenons le 2nd et devons payer plus que les autres pour le fait d’avoir réservé. Ici on ne sait jamais si le prix que l’on paye est effectivement le bon ou si on se fait avoir pour être des touristes. Nous râlons un peu pour la forme. Sonja, Hanna et moi sommes assises sur le devant du bateau. Une erreur à ne pas commettre!!!!  Nous avons passé les pires 25 minutes en bateau de notre vie! Le conducteur allait à un train d’enfer, et le bateau sautait, surtout à l’avant bien sûr. Nous sautions avec le bateau en retombant durement sur les fesses. Au début, c’est dur mais drôle, et puis, petit à petit les sourires s’effacent. Le mec en face de nous tenait une centaine d’oeufs dans les bras. Une image assez cocasse. Même les 2 espagnoles qui étaient au fond disent avoir eu « peur pour leur vie ». Je craignais personnellement le déplacement de vertèbres.

Arrivés à Orinoco, nous nous rendons à l’hôtel Garifuna de Kensy. Son mari, un finlandais, nous explique tout sur les différentes communautés du coin, et les excursions à faire. Nous payons un forfait: 70 $/personne pour 2 nuits, 5 repas, un spectacle de danse, et la visite de 2 autres communautés en bateau. Très bon marché pour le paquet.

Une des espagnole veut filmer le spectacle, il faut donc le faire avant la nuit. Cela nous laisse 1h pour nous balader dans Orinoco. Et nous sommes émerveillés par la promenade. L’environnement est très vert, beaucoup d’enfants jouent et rigolent, deux adultes jouent aux dames, les vaches se reposent dans le cimetière. Ils semblent tous vivre ensemble en parfaite harmonie. C’est un petit paradis. Et je commence à regretter de partir voir d’autres communautés et de ne pas rendre le temps d’explorer celle-ci plus amplement.

 

Un monsieur unijambise nous interpelle. Il tombe apparemment immédiatement amoureux de Diana, et nous chante une chanson.

        http://volontariatesperanzagranada.unblog.fr/wp-admin/post.php?post=163&action=edit&message=6

Vient ensuite le moment du spectacle de danse!! Les garifunas viennent à  l’origine d’Afrique. La musique et la danse ont donc clairement une influence africaine. Les musiciens utilisent des jumbe, et les danseurs ont des tenues aux motifs un peu bestiaux. La spécialité est la danse « de punta », petits sauts sur la pointe des pieds.  La musique a ramené les enfants, nous avons vite été rejoints par une foule d’habitants d’Orinoco.

 

Chacun s’est ensuite essayé à une petite danse et/ou cours de jumbe. Puis les musiciens ont continué à jouer pendant 2h, les enfants dansaient. Un petit en couche culotte avait un talent certain!

Le soir après le repas, les musiciens viennent nous chercher pour « aller en boîte ». La boîte est déserte, mais la musique est sympa: genre de RNB des îles, zouk. Bizarrement, eux ne dansent pas en nous collant comme les nicaraguayens de l’Ouest, mais plutôt comme chez nous,  face à face, avec un peu plus d’habileté pour la danse…

Ils nous apprennent qu’ici aussi, les jeunes sont mariés à 17 ans, et ont un bébé à 15, il ya  peut-être une petite erreur dans l’ordre.

En tout cas, dans leur description de la vie à Orinoco, les mots qui reviennent le plus souvent sont « famille », « paix », « tranquilité ». Ils ne comptent pas en partir. Ils étudient notamment la pêche et le métier de garde forestier pour pouvoir continuer à vivre et travailler dans leur village.

Malgré la transmission de leurs traditions et l’intérêt des plus jeunes pour la culture garifuna, ceux-ci ne savent pas couramment parler leur dialecte. Ils ont en priorité appris l’anglais créole et l’espagnol. De leur langue, ils ne connaissent que les rudiments. Comme en France ou en Espagne, les gouvernements ont jadis obligé les populations à parler l’anglais et les familles, pour éviter la discrimination, ont suivi la règle. Maintenant seulement les anciens parlent leur langue garifuna.

La communauté garifuna qui vit à Orinoco y est arrivée en 1912.  Ils fêtent donc cette année leur centenaire. Ils sont maintenant 2000 à Orinoco. D’autres communautés garifunas plus anciennes viennent d’ Honduras, et d’ Afrique pour fêter ce centenaire.

Pour en savoir plus:

http://www.hostalgarifuna.net/

 

Jour 9: La Fe + Pueblo Nuevo.

C’est notre journée d’expédition.Au programme: visite de la communauté misquito de La Fe le matin. Retour pour manger à l’hôtel. Et visite de la communauté métisse de Pueblo Nuevo l’après-midi. Pour rejoindre ces communautés, il nous faut passer beaucoup de temps en bateau.

La journée commence mal, à l’heure du départ (7h30), il pleut des trombes. Nous partons finalement à 9h. Le bateau est lent. La Fe est une grande étendue verte où les maisons sont posées comme sur pilotis. Cette communauté ressemble beaucoup à celle d’Awas. Le village est désert à cause de la pluie, mais nous sommes reçus par un homme âgé très sympatique et accueillant. Il a les yeux d’un bleu perçant, il porte une casquette « police électorale » et est vêtu d’un tee-shirt faisant la promotion du jeu de domino, très réputé sur la laguna. Les villages organisent des tournois de dominos entre communautés. Le vieil homme n’a apparemment pas honte d’arborer l’inscription « Orinoco » sur son tee-shirt, lui qui joue pour La Fe….

Nous parlons un peu avec lui. Les religions sont très mélangées. A la Fe, il y a des pentecôtistes, anglicans, catholiques et adventistes. A Orinoco il y a également des évangélistes. A Granada ce serait plutôt: catholiques, évangélistes et mormons.

Les messes pentecôtistes ont l’air assez animées. Les chansons se font sur un air de guitare électrique. Nous espérons être rentrés à Orinoco pour assister à la messe pentecôtiste à 20h.

Un autre homme nous rejoint avec sa guitare, et ensemble, ils nous offrens un concert de country. Le moment est magique. Le plus âgé, fait la seconde voix, un peu plus grave. Les deux se marient très bien. J’essaie de vous en montrer un extrait:

Zut! Je n’y arrive pas! Bon, voici au moins la photo:

Une chanson mentionne même « Far, far away from the Pearl Lagoon ». Mais une question me taraude: Comment la country est-elle parvenu jusqu’à la laguna de Perlas, sur la côte caraïbe en général. A ma question,le vieux me répond « Et bien, à l’époque des tourne-disque, il y avait des vinyles de country, nous les avons mis sur le tourne-disque. et nous avons aimé. »

Nous marchons un peu dans le village:

    

Le vieil homme nous ramène au bateau en nous remerciant d’être venu, nous demandant de revenir. Il dit à Matti, le mari finlandais de Kensy « S’ils reviennent, tu me les ramène! ». Puis, nous rentrons manger à l’hôtel. Au menu, un Run Dow! Différent de ce que nous avions mangé auparavant: poisson fris, yuca, platanos et  malanga.

L’après-midi, il pleut à nouveau. Nous devons attendre 14h45 avant de partir. Le trajet en bateau est lent et trèèèès long. Mais nous voyons de belles choses: des hérons blancs, des sopilotes (vautours), des « oiseaux de bananes » jaunes, des fruits médicinaux. Lorsqu’il pleut, nous passons une grande bâche sur nos têtes.

Au bout d’environ 2h de bateau, nous arrivons à Pueblo Nuevo, une communauté métisse, c’est-à-dire que les habitants de Pueblo Nuevo sont un mélange de nicaraguayens et d’espagnols. Venus de l’Ouest du Nicaragua, ils se sont installés ici pour vivre ensemble…comme des cow-boys! On débarque dans le Far west: boues, bottes, chevaux, magasin d’équipement pour chevaux, saloon.  Des cavaliers nous doublent au trot sur le trottoir. C’est un autre monde.  Nous avons 15 minutes pour nous promener avant qu’il fasse nuit.

         

Le soleil se couche, nous nous rendons en vitesse au centre de développement agroforestal Wanashang. Ce centre encadre des projets de développement agricole. Ils essaient par exemple de mettre au point un « séchoir » pour faire de la farine à base de bananes ou yuca. Il y a des plantations de cacao, bananes, yuca… Le centre renferme une école  de 150 élèves des différentes communautés. L’école leur paie le logement, la nourriture, et même le transport de leur communauté jusqu’au centre. Ils ont environ 14 ans quand ils y entrent et en ressortent au bout de 3 ans.

Il fait vraiment noir et il nous reste encore 2h de bateau, même plus puisque nous allons très lentement afin de pouvoir repérer les caïmans (petits crocodiles) sur les berges du fleuve. Pour cela, Matti et une des espagnoles pointent leur lampe torche sur les bords du fleuve, à la recherche de 2 yeux brillants. Nous en voyons 2 ou 3 et nous approchons à chaque fois en arrêtant le moteur pour les voir de plus près.

Lassées de surveiller l’eau, Sonja et moi nous mettons à regarder les étoiles. Elle me montre Mars, l’étoile rouge qu’ils nomment ici « étoile du coucher de soleil ». Sûrement pour sa couleur et puis aussi parce qu’elle est située sur la ligne de l’horizon. La lune ici a une forme de hamac, elle est couchée et non debout comme chez nous. Nous voyons passer 2 étoiles filantes. C’est bon signe, peut-être que nous arriverons un jour! Cependant, le trajet est long mais agréable. Tout est paisible, et nous prenons le temps de regarder autour et au-dessus de nous. La nuit ne nous permet pas de voir grand chose, mais nous pouvons écouter les bruits de la nature.

 

Jour 10: retour à la laguna de Perlas + Awas de nouveau

Le lendemain, il est temps de repartir. Nous sommes déjà lundi les cours reprennent aujourd’hui. Nous aurons un peu de retard!

Nous prenons le bateau à 6h et arrivons au village principal de la laguna de Perla pour déjeuner chez la « femme avec un mouchoir sur la tête ».  Qui est fermée mais nous attendons patiemment devant la porte jusqu’à l’ouverture.

   

Auparavant nous sommes passées prendre nos chambres pour la nuit au Green Lodge. Le monsieur d’habitude très sympatique, nous reçoit très froidement, de très mauvaise humeur! Nous nous installons quand même.

Après le ptit dej, certaines, veulent dormir, Mikel a besoin d’internet parce-que son patron en Espagne lui propose une mission qui lui ferait écourter son voyage!!! Pendant ce temps là, Hanna, et moi nous rendons de nouveau à Awas. Cette fois-ci il fait beau, nous allons directement sur la « plage ». Nous n’osons pas trop nous mettre en maillot de bain, puisqu’au Nicaragua les gens se baignent habillés. Mais un groupe de touristes n’hésite pas: bikini, crème solaire et position bronzage. A côté de nous un monsieur vide des poissons, fend du bois et s’occupe de sa vache qui s’est fait planté par un couteau. Un acte gratuit et méchant. Et moi je peux m’occuper à mon activité ornitologique favorite: observer les hérons.

          

Je zappe l’épisode du rasta qui est venu me parler de sa conception de la vie, de Jésus, et bla bla bla.

Le reste de la bande nous rejoint plus tard. Nous savons que pendant notre absence 7 nouveaux volontaires devaient arriver. Nous lançons alors les pronostics: nationalité, sexe, âge, situation familiale. Il s’avère que nous aurons tous faux!

Le soir, c’est lundi, le Queen Lobster est fermé, mais nous allons dans un resto plus typique, grand, vide, avec un écran géant montrant en boucle une interview de Bob Marley.

 

Jour 11: le retour

Il est temps de rentrer. Pour cela, nous prenons un bus à 5h du matin qui doit nous amener à Managua. Mais il nous faut finalement changer en cours de route. Sur 15h de bus, je dois en passer environ 5 debout, sans musique c’est long, mais ça laisse le temps de penser. Sans ces longues heures de réflexion je n’aurai sans doute jamais eu l’idée d’aller vivre mes 2 dernières semaines dans une famille nicaraguayenne… (voir la catégorie « la experiencia nica »).

Nous arrivons le soir à 21h à Granada.  Trop tard pour aller à la réunion. Nous passons par la Calzada avec nos gros sacs et découvrons la table de volontaires au Centralito. Que de nouvelles têtes!

Je suis impatiente de retourner à l’école et surtout curieuse de voir comment sera le travail dans les classes avec le professeur. Si cela me plait, je pense prolonger mon séjour à Granada, sinon il sera temps de partir. En réalité, il sera temps de partir…

 

Récapitulatifs transports:

Départ Arrivée Prix (cordobas) Durée, horaires
Blufields La laguna de Perlas

150

9h, 12h, 16h ts les jours
La Laguna de Perlas Orinoco

100-150

imprécis
Orinoco La Laguna

100-150

imprécis
La Laguna Managua

120

Départ 5h
Managua Granada

20

 

Tour du monde de Sandrine e... |
Catimini en Italie |
Paris / Buenos Aires / Carc... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Avesnières Irlande
| zerah
| L'aventure commence à ...